Journalistes en zone de conflit : GEMESA et la Justice s’unissent pour briser le cycle de la vulnérabilité

Les participants à l’atelier

DAPAONG, le 27 janvier 2026 – Dans une région des Savanes marquée par un contexte sécuritaire fragile et des menaces terroristes persistantes, l’exercice du métier de journaliste est devenu une mission de haute voltige. Face à la restriction croissante de l’espace civique, l’association Gens des Médias des Savanes (GEMESA) a franchi une étape cruciale ce mardi à l’Hôtel Dapaong pour protéger ceux qui informent.

Trop longtemps, les professionnels des médias du Nord-Togo ont opéré sans véritable accompagnement juridique, se retrouvant seuls face aux risques permanents liées à leur travail de défenseurs des libertés. Pour briser ce cycle de précarité, GEMESA a instauré, un cadre de collaboration formel et institutionnalisé avec les autorités judiciaires.

L’enjeu est de taille : il s’agit de transformer les interactions entre l’État et les organisations de la société civile (OSC) pour passer d’une logique de méfiance à celle d’une justice plus équitable et protectrice. Comme le souligne le programme « Pouvoir d’Agir » 2025-2029, la sécurité des journalistes est le socle indispensable à la défense des droits humains dans la région.

Cet atelier de concertation a réuni un panel d’acteurs clés, notamment le Tribunal de Grande Instance de Dapaong, la CNDH antenne régionale de Dapaong, la Maison de Justice, des représentants de la commune de Tône 1, ainsi que des journalistes mobilisés pour devenir les premiers bénéficiaires de ce bouclier juridique.

Le représentant du Maire de la commune de Tône1 à l’ouverture de l’atelier

Les piliers de cette alliance reposent sur des engagements concrets :

Réduction de la vulnérabilité juridique des journalistes et défenseurs des droits face aux pressions extérieures ;

Institutionnalisation du dialogue entre les médias et les partenaires judiciaires tels que les magistrats et les greffiers ;

Mise en place d’un suivi rigoureux de la protection juridique à travers des rapports de monitoring et des campagnes de sensibilisation.

Cette initiative, qui s’inscrit dans le volet de renforcement de la protection des défenseurs des droits, bénéficie de l’appui technique et financier de l’ONG Action Solidarité Tiers Monde (ASTM).

Malgré l’instabilité qui pèse sur la zone des Savanes, GEMESA réaffirme son rôle de sentinelle. En scellant ce pacte avec la justice, l’association ne se contente pas de réagir aux menaces ; elle construit une stratégie de communication et de défense forte pour garantir que la voix des populations ne soit jamais étouffée par la peur ou l’insécurité juridique.

GEMESA

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